Dans La Presse

Alain Bifani s’est dit très heureux de s’adresser aux Rotariens dont la mission est on ne peut plus adaptée aux besoins du Liban d’aujourd’hui, au niveau de ses institutions, de ses entrepreneurs, de son administration et de ses citoyens.

Après avoir mentionné que la date du 30 octobre coïncidait singulièrement avec le premier anniversaire d’une élection présidentielle après trois longues années d’attente, Alain Bifani a souligné qu’en prévision des élections législatives de mai 2018, la direction générale des Finances avait également une contribution à apporter dans le champ constitutionnel; il a insisté sur l’importance de la finalisation du budget annuel dans les délais requis: «Il faudrait que le budget 2018 reflète un changement profond dans la gestion de la chose publique, parce que le budget n’est rien de moins que la traduction de l’action gouvernementale dans les chiffres.»

Le modèle économique et financier fait face à une donne complètement inédite, du fait de facteurs principalement exogènes (La baisse relative mais durable des prix du pétrole: la transparence fiscale et la mort du secret bancaire pour les non-résidents; les lois spécifiques visant le Hezbollah; la remontée des taux d’intérêts qui finira par se réaliser et par réduire encore plus notre espace fiscal).

En interne, les gros facteurs sont multiples: La crise syrienne, un système de santé publique qui ne parvient plus à assurer les besoins des Libanais dans certaines régions, un chômage en forte hausse, nos faiblesses structurelles; une balance des paiements devenue déficitaire et une pression accrue sur les hôtes du fait de la concurrence sauvage et de l’inflation locale, avec en plus 20% d’effectifs supplémentaires dans les forces de sécurité en trois ans, et environ deux milliards de dollars cash qui sortent annuellement du système. Autre problème encore plus sérieux: une économie incapable de générer de l’emploi. Autre problème encore plus sérieux: nos faiblesses structurelles. Avec notre double déficit, fiscal à 8,5% du PIB et du compte courant à 16% du PIB, il y a à faire.

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