Dans La Presse

 

 

J’ai travaillé pendant plus de 35 ans dans des multinationales en Asie-Pacifique, en Europe et aux E-U.  Mon rêve était, avec tout ce bagage, de me mettre au service de la communauté.
Ce dernier projet en Afrique, je l’ai réalisé au début de l’année 2015.  L’université de Stanford m’a demandé de lancer ce programme financé par un des étudiants de la Business School : 250 million de dollars, matchés par l’université de Stanford.
L’Objectif : Faire un impact sur les personnes en-dessous du seuil de pauvreté dans le monde.
En 2005 : 2 milliard de la population mondiale sur 7 milliard étaient sous le seuil de la pauvreté
En 2015 : ce taux fut réduit à 600 million.
Par contre en Afrique ce taux a augmenté de 50% pendant ces dix années.  L’université de Stanford a testé un modèle il y a 5 ans ; ce modèle ne fait appel qu’au secteur privé : Trouver des petites ou moyennes entreprises. Les encadrer pendant un an. Leur donner le bagage nécessaire pour une gestion éclairée et les accompagner avec un coach (conseiller) pour leur permettre de se développer dans les domaines suivants : L’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable, l’accès à l’électricité et l’accès aux soins médicaux de base. Ceci rejoint d’ailleurs les principes du Rotary.
Je me suis donc installé à Accra, au Ghana, avec ma famille, après avoir travaillé auprès de multinationales pendant 35 ans.  Le même programme a été appliqué par la suite au Nigéria, au Sénégal et en Côte d’Ivoire et se poursuivra en Inde et en Chine et plus tard au Liban…
Nous choisissons 100 à 200 entreprises parmi les 2000 qui postulent. Une fois qu’elles ont achevé le programme de formation, nous continuons à faire partie de leur Conseil d’administration pour s’assurer que leur travail perdure.  J’ai donc vécu pendant 4 ans en Afrique de l’Ouest alors que j’avais commencé ma carrière, après Stanford, en Afrique de l’Est, au Kenya, en 1981…
Pour moi, la boucle était bouclée…
Ce programme aspire à aider10 000 entreprises (dans le domaine social) à décoller et à faire face à des problèmes importants :
1- L’Accès au Capital : Très difficile, car en Afrique les taux d’intérêt sont très élevés.  Nous les aidons donc à se structurer et à se créer une gouvernance financière saine.  Pour cela nous avons 6 à 8 compagnies (nous intervenons 2 à 3 jours par mois) afin de les aider à opérer un plan de transformation.
2- La Corruption : elle est énorme.  Nous choisissons les sociétés qui ne travaillent qu’avec le secteur privé.  Des personnes intègres qui travaillent malheureusement dans un environnement très difficile.
3- L’Accès aux Marchés et l’Accès aux Talents
Notre contribution consiste à mettre en place cette fondation qui permet de soulever un capital et définir la manière de le dépenser.  La valeur n’est pas uniquement financière ; elle est aussi sociale.
Exemple : Une entreprise au Ghana, aujourd’hui numéro Un, travaille sur l’accès à l’eau potable : elle en fait l’analyse ; elle creuse les sols ; fournit les pompes et permet à 2000 ou 3000 personnes d’accéder à l’eau potable.  Cette entreprise a construit plus de mille puits au Ghana.  L’impact social a atteint plusieurs millions de personnes.  Cette entreprise est active aujourd’hui au Gabon et en Côte d’Ivoire.
Une autre entreprise, en Tanzanie, s’est spécialisée dans l’accès à l’électricité.  Constructions de mini grilles ; installations de panneaux solaires dans les villages ; lancement d’une multitude de stations électriques dans les villages.

Ces entrepreneurs ont en moyenne 35 ans et décident de passer un an de leur vie à aider ces entreprises à se développer.  Mon cousin, Roger Moubarak, qui est libanais, est installé depuis un an au Ghana ; il vient de renouveler son séjour pour une nouvelle année.  Le but est d’avoir 10 000 entreprises soumises à ce programme et l’objectif est de réduire de 50 million le nombre de personnes qui vivent sous le seuil de la pauvreté.  Nous sommes tous bénévoles et nous sommes convaincus que ce que nous faisons est très important.  Nous essayons de faire de même au Liban où plus de 30% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté.
35000 étudiants sont diplômés chaque année pour 5000 emplois disponibles.  Le taux de chômage parmi les jeunes est énorme.
Au Liban, l’entreprise sociale est inexistante.  Il faut d’autre part trouver le cadre légal convenable pour les protéger.  Pour cela nous avons organisé plusieurs réunions au sérail ; ceci va prendre 2 ou 3 ans.
Quand Maroun Chammas, Fady Debbané, M. Khater de Kafalat et moi-même avions voulu lancé le Fond I de Berytech, il y a de ceci 15 ans, personne ne pensait aux startups.
La situation actuelle va empirer avant de s’améliorer et les entreprises sociales vont jouer un rôle fondamental.  Il faut mettre en place l’écosystème qui va leur permettre de se développer afin non seulement de recevoir le financement mais d’acquérir aussi le savoir-faire.  Ceci demande une demi-journée par mois de volontariat afin de les conseiller.
Nous avons créé des fonds de Business Angels au Liban.  Nous en sommes au quatrième : SEEDERS.
Nous avons un programme de coaching CONFIDEO basé sur un programme développé par MIT il y a quelques années et un autre par l’université de Stanford.
Nous avons récemment signé un accord entre Berytech et l’USJ :
Nous formons des professeurs issus de plusieurs facultés à devenir conseillers auprès des PME (notre ami Roger Tarazi est impliqué). Il y a des professeurs intéressés par la fibre entrepreneuriale.  Nous allons faire cet accord avec d’autres universités aussi.
Ceci est un projet de vie que je souhaite partager avec vous et avec le Rotary.
J’ai quelques copies du livre que j’ai écrit.  Il a été conçu grâce à l’apport de nombreux bénévoles et les revenus vont à la fondation de Teddy Hatem, à l’Hôtel-Dieu, qui soutient les enfants accidentés et qui souffrent de troubles moteurs.  Cette fondation a été créée depuis un an et porte le nom de sa fille. Il y a beaucoup de belles initiatives au Liban.
Merci pour votre attention et pour votre patience.




Afficher le powerpoint