Après 31 ans de métier, j’ai complété jusqu’à ce jours 35 projets d’églises. Dans le domaine civil : des propriétés privées, des restaurants, des cafés et autres. Mon premier projet fut ‘Saydet el Jabal’ à Adma.
Le projet le plus important de ma carrière demeure le musée Sursock que j’avais terminé il y a cinq ans, en 2016 ; et maintenant, après l’explosion du 4 août, rebelote…
En 1998, j’ai restauré également l’église de Antoura qui avait 104 ans d’âge.

Un petit aperçu historique :
La forme artistique du vitrail a atteint sa plénitude au moyen-âge. Les 2/3 du budget des cathédrales étaient consacrés aux vitraux et 1/3 à la structure. Le financement était assuré par les prélats, les nobles, ou les mécènes. Les vitraux transforment la lumière physique en lumière divine, d’où cette incitation au recueillement et à la prière.
Certaines églises ont été restaurées à Beyrouth, après l’explosion ; d’autres pas encore faute de fonds. Par exemple, la cathédrale Saint-Louis des Capucins…

La Technique du vitrail est formée de plusieurs étapes :
La conception, la maquette, le tracé, la coloration, le cadre, le calibrage, le soudage, le masticage et la pose.
L’art du vitrail, en tant que thème peut être art déco, classique, moderne ou abstrait.
Dans le cas d’un projet à thème religieux (les églises) il faudra respecter les exigences des différents rites (orthodoxe, latin ou catholique,…).
L’abstrait donne bien entendu un aspect contemporain très apprécié.

Pour le chantier de l’église Saint Elie, j’ai formé une équipe de 5 femmes et 2 hommes pour la restauration des vitraux. Tous les matériaux sont importés de France.

En 1973, des maîtres verriers italiens avaient conçu les vitraux de l’église Wardieh à Hamra ; pour la restauration, après l’explosion du 4 août, il faudra respecter le verre initial utilisé.
Le vitrail a sa valeur tout comme une toile.