Dans sa présentation le Professeur Comair a traité en grande partie la problématique du fleuve du Nil suite à la construction du barrage de la Renaissance par les autorités éthiopiennes ainsi que les Projets de Sortie de Crise.

LA PROBLEMATIQUE DU GERD

Après maintes tentatives de négociations stériles, les pays riverains, à savoir, l’Ethiopie, l’Egypte et le Soudan, se trouvent actuellement dans une impasse devant l’évidence de la construction du barrage de la Renaissance. Il est donc nécessaire de lancer un processus de médiation et d’appliquer le concept de l’hydro diplomatie.

Il faudra prendre en considération :

1. La démographie galopante de ces trois pays riverains qui est liée à la demande en eau.
2. Le besoin de ces pays en énergie, d’où l’idée du Nexus dans lequel nous retrouvons la préservation de l’écosystème.
3. Le débit qui varie tout le long de son parcours et qui doit être par conséquent étudié sans les scénarios du changement climatique.
4. Le barrage est actuellement une évidence. Le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique. Capacité de stockage : 74 milliards de m3 d’eau.

Son réservoir couvre 1874 km2. L’objectif de ce barrage n’est pas uniquement l’alimentation en eau mais également la production d’une énergie hydroélectrique de l’ordre de 6500 mégawatts.
L’Éthiopie peut se suffire largement de 3000 mégawatts ; le reste de l’énergie pourra être vendu aux pays qui se trouvent dans le bassin du Nil blanc. Ce barrage était prévu, à la base, pour stocker uniquement 17 milliards de m3 d’eau.

Ce barrage a été conçu pour imposer une politique unilatérale de l’eau dans la région (Doctrine de Hermon) qui prône la souveraineté totale du pays sur le bassin transfrontalier.

L’Egypte n’était pas contre ce projet ; elle estimait un stockage de 7 milliards de m3 d’eau. Mais l’Egypte est un désert et reste très vulnérable en matière d’eau. La zone habitée ne représente que 7% du territoire qui compte 120 millions d’habitants, avec seulement 4 millions d’hectares pour assurer l’alimentation de la population égyptienne. L’Egypte dépend à 98% du Nil et ce pour assurer 570 m3 d’eau par habitant annuellement. Le déficit est comblé par la réutilisation intensive des eaux usées.

Plusieurs interventions et médiations ont eu lieu de la part du Secrétaire du Trésor des États Unis, de la Banque Mondiale et de l’Union Africaine, mais sans résultat. Le GERD est un barrage problématique pour le Soudan et pour l’Egypte.

LES PROJETS DE SORTIE DE CRISE

Il faut se baser sur une médiation de la part des Nations Unies, de l’Union Européenne et de l’UNESCO. Le plan de sortie de la crise doit reposer sur le concept de l’hydro diplomatie et le Nexus :
L’hydro diplomatie consiste à ramener le projet aux ingénieurs des 3 pays concernés ; changer ensemble les bases de données et présenter des scénarios :

⁎ Adopter simultanément les objectifs du développement durable commun aux 3 pays : Eau, Energie et Alimentation.
⁎ Se baser sur la Convention des N-U de 1997 qui prône le partage équitable et l’utilisation raisonnable de l’eau. D’ailleurs c’est la Convention de l’Europe de 1992 qui gère tous les bassins transfrontaliers européens (Rhin, Danube, Rhône, …) et dont le secrétariat se trouve à Genève.

Les ingénieurs devraient appliquer un plan opérationnel du GERD en proposant un plan de remplissage sur 7 ans pendant les périodes de crues. Ces pays devraient adhérer à la convention des Nations Unies et se baser sur la science et non sur la politique afin que ce barrage puisse générer des bienfaits économiques et politiques.

J’avais d’ailleurs soumis à Antonio Guterrès, Secrétaire Général des NU, une feuille de route comme plan de sortie de crise qui pourrait être appliqué.

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